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PARRHASIOS, la découverte du pli

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L’exposition est envisagée par l’artiste comme une série de variations sur le thème du pli, ou comment donner des formes différentes à une même préoccupation.

Considéré comme l’un des peintres les plus talentueux de la Grèce antique, Parrhasios est aussi l’un des grands représentants de la peinture d’imitation. La légende veut qu’il surpasse son rival Zeuxis lors d’un concours ou ce dernier présenta un tableau d’une si grande virtuosité que des oiseaux s’approchèrent pour picorer les fruits qui y étaient peint. Malgré cet exploit, Parrhasios fut reconnu vainqueur, en soumettant au jury la peinture d’un simple rideau qui trompa le regard de Zeuxis quand celui-ci voulut le soulever pour admirer l’œuvre qu’il croyait se trouver derrière.
On peut s’interroger sur la nature du tableau qui offre la victoire à Parrhasios et fait de lui le plus grand peintre de son temps. Le rideau qu’il représente illustre parfaitement l’intention des peintres de l’époque qui cherchent à représenter le réel avec la plus grande vérité.

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Sur ce point, le rideau de Parrhasios remplit parfaitement son rôle de trompe l’œil. Il trompe le regard de l’homme quand les fruits de Zeuxis n’avaient leurrés que des oiseaux. L’illusion fonctionne. Mais, à la satisfaction du spectateur qui comprend sa méprise, vient s’ajouter un sentiment de frustration. Son désir de voir, cette pulsion scopique si présente aujourd’hui où prolifèrent les images, est tenu en échec : Le voile, si merveilleusement peint, est aussi paradoxalement, ce qui empêche le regard.
Si les tissus, les drapés, les voiles, peuplent les œuvres d’art tout au long de son histoire, le rideau de Parrahsios à valeur de symbole. C’est en effet, un sujet ambivalent que choisit de représenté Parrhasios, dont la particularité est de se trouver à la frontière entre figuration et abstraction. Considéré comme un objet du réel, le rideau renvoie aussi à l’abstraction d’une surface neutre : un aplat quand il est tendu, un entrelacement d’ombres et de lumières lorsqu’il est plié.
Comme le sable entre la terre et l’eau, il possède ainsi les propriétés des deux éléments qu’il relie, le figuratif et l’abstrait. Le rideau de Parrhasios peut donc être envisager comme le trait d’union de deux tendances opposées, celle de la figuration qui copie la nature et celle de l’abstraction dont l’objet dépasse la représentation. De façon anachronique, on peut supposer que si Parrhasios avait tendu son rideau, il aurait inventé la première peinture abstraite de l’histoire. L’invention d’un concept se joue à peu de chose, en l’occurrence ici, à quelques plis.