progress by #4 / exposition collective / passée

progress by #4 / trans filiation

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Vernissage de l'exposition le jeudi 8 juin 2023 de 18h à 21H

Pour la quatrième programmation de "progress by", c'est l'artiste Rebekka Deubner qui prend la main et propose
l'exposition collective trans filiation avec les artistes Juliette Gelli ~ & Aleksandrkontini, Ken Sortais, Matthieu Le Goff, Motoki Nakatani, Pauline Hisbacq et Baptiste Verrey
ainsi que la curation d'éditions par Sasori Books / Emilie Lauriola

trans filiation

« Je te regarde Franchesc, je regarde ce visage de mort qui lentement à travers les chairs monte. Déjà sous ta peau transparente il est là, avec ses os. La lumière de ton front s'éteint; tes cheveux de laine blanche s'aplatissent comme des herbes mûres, ta peau sans gloire sue la sueur rousse des vieillards. Dans toi il n'y a déjà plus d'homme, il n'y a plus que la matière de cent sauterelles neuves, de dix lézards, de trois serpents, d'un beau rectangle d'herbe drue et peut-être le coeur d'un arbre. Je me penche sur toi comme sur le reflet d'un miroir. »
Jean le Bleu, Jean Giono

C'est un paysage mutant.e dans lequel je voudrais vous convier.
Un drôle d'espace dans lequel

les corps excroissent
le raisin bave-darde
les figures glissent hors-zone
les carnations muent
et on y chante au futur antérieur
les squelettes jouent aux osselets
et où il ne reste de la forêt plus que sa bande-son

Il n'y manque que l'homme-arbre de Germaine Richier : mi-homme-mi-arbre, son corps agglomère le bois et la terre, son pas racine se fait dansant et sa main effeuille l'air.

Rebekka Deubner

Visuel : Sans titre (MA) de Pauline Hisbacq
collage image d'archives et photographie, 2023

œuvres exposées / baptiste verrey

œuvres exposées / emilie lauriola avec sasori books

œuvres exposées / juliette gelli ~ et aleksandr kontini

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1 Hour Fake Rain Forest Sounds

1 Hour Fake Rain Forest Sounds,
Installation sonore et robotique
Photographie de Erwan Fichou

1 Hour Fake Rain Forest Sounds est une installation sonore hybride réalisée par Juliette Gelli ~ et Aleksandr Kontini, toustes deux sensibilisé·e·s aux questions climatiques actuelles mais aussi intrigué·e·s par les végétaux de synthèse qui prolifèrent dans nos villes ou sur nos écrans. Décidant d’explorer non pas
exactement la Vallée de l’étrange — théorie écrite dans les années 70 par le roboticien japonais Masahiro Mori, qui observe que l’affinité pour les robots augmente en fonction de leur ressemblance avec l’humain, jusqu’à un certain point — mais une possible Forêt de l’étrange, le duo conçoit une pièce immersive :
1Hour Fake Rain Forest Sounds, constituée de machines sonores qui invite le public à découvrir un espace “naturel” artificiel. Dans la salle, des diodes clignotent en silence. Puis, des mouvements apparaissent : ondulations, rotations, vibrations, amenant avec eux des sons. Les spectateurs, d’abord interpelés par ces étranges chorégraphies mécaniques, sont progressivement transportés dans l’univers d’une forêt tropicale luxuriante. Cette nature de synthèse se crée à mesure que les machines inspirées de l’art du bruitage s’animent. Jouant sur la notion d’artificialité et de vérité, le duo compose un univers où la robotique semble être au service de l’organique ou est-ce l’inverse ?

œuvres exposées / ken sortais

œuvres exposées / matthieu le goff

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il y poussera des genêts

"il y poussera des genêts",
archives, sons et vins,
2023

Adonnons-nous à une forme d’expérience de dégustation collective, comme une dégustation à l’aveugle, mais dans laquelle ce qu’on dissimule est ce qui concerne la «technique» du vin, ce qu’il s’agirait d’expliquer ou de comprendre pour apprécier un vin, pour se concentrer sur des éléments non directement liés à la vinification mais ayant trait à des formes de filiations, multiples et libres, tout aussi essentiels pour le goût - ou la saveur? - du vin.
Pour ce faire, on écoutera un montage audio de textes, de paroles et de sons, comme un jeu de résonances entre plusieurs niveaux de filiations, plusieurs acceptions de ce terme : l’héritage d’un vieux pays et de ceux et celles qui ont précédé ; les influences littéraires et philosophiques, ou artistiques, et la joie de les transmettre aux visiteurs et dans la bouteille ; les figures phares redécouvertes d’un certain lien à la ruralité ; des vins, à leur tour, comme les rejetons d’une ascendance sinueuse et millénaire, une progéniture voyageuse et enchanteresse.
Il sera question de lumières, celles des vieux causses et des jeunes fleurs, des vallées des arômes dans les Hauts-Cantons de l’Hérault, en marge
des appellations, de la pénombre des garages et des parcelles de vieux Cinsault, du goût et de sa mémoire, de la subjectivité de la dégustation,
de l’odeur de l’orage ou de celle du thym dans les parcelles, d’un autre Languedoc, de l’arrière-pays et de la plaine, de vieilles paysannes et
d’adolescents mélancoliques, des amitiés et des voisinages.

Un exploration sonore et gustative, qui s’autorisera à emprunter quelques sentes buissonnières proposées par la vigneronne et/ou le vigneron.

œuvres exposées / motoki nakatani

œuvres exposées / pauline hisbacq

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Sans Titre (MA)

Sans titre (MA),
collage image d’archives et photographie,
21 x 19,7 cm,
2023

Les collages dissonnants de la série Sans titre (MA) associent les images d’archives de Pompéi à des photographies de famille faites à l’iPhone, des photographies de ma fille dans son quotidien, fait de jeux, de sommeils, de découverte des éléments qui l’entourent. Les empreintes des corps des habitants de Pompéi qui ont péri, saisis par la lave lors de l’irruption qui a anéanti la cité antique, sont rapprochées du corps de ma fille, dont les postures se confondent avec celles des morts comme calcinés.
Ainsi, la vie remplit les creux laissés par l’air du volcan.
Ce va et vient formel et temporel, que permet le collage, évoque la métamorphose spirituelle, le changement de monde, à l’oeuvre par le volcan et par la naissance. La vie coule dans les creux de la terre. Après la mort, la vie revient et c’est ainsi, c’est dans l’ordre des choses.
Alors, dans la mort résiste une tendresse, et dans la vie nouvelle se préfigure le tragique.
Ce volcan, cette enfant, c’est un monstre, un autel, une image, un sentiment. C’est l’intime et le monde.

Les images d’archives sont des reproductions de pages de livres sur l’histoire de Pompéi, tirées en jet d’encre sur papier photo glossy. Les photographies à l’iPhone sont tirées sur le même papier puis recardées / découpées à la main aux ciseaux. Les images sont alors associées et collées sur papier de couleur, et encadrées sous verre. Le geste manuel de recadrer aux ciseaux, associer sur papier, puis coller, s’inscrit dans une démarche artisanale, liée à la manipulation
des images. Il s’affirme comme une performance modeste mais active du montage.

vue de l’exposition

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